Accueil

A review of the brachyuran deep-sea vent community of the western Pacific, with two new species of Austinograea Hessler & Martin, 1989 (Crustacea, Decapoda, Brachyura, Bythograeidae) from the Lau and North Fiji Back-Arc Basins

Danièle GUINOT & Michel SEGONZAC

en Zoosystema 40 (5) - Pages 75-107

Publié le 13 mars 2018

Révision de la communauté hydrothermale brachyourienne du Pacifique occidental, avec deux espèces nouvelles d’Austinograea Hessler & Martin, 1989 (Crustacea, Decapoda, Brachyura, Bythograeidae) des bassins arrière-arc de Lau et Nord-Fidjien

Deux nouvelles espèces du genre Austinograea Hessler & Martin, 1989 (Bythograeidae Williams, 1980), distinctes d’A. williamsi Hessler & Martin, 1989 et d’A. alayseae Guinot, 1990, sont décrites des sources hydrothermales du Pacifique Sud-Ouest : A. hourdezi n. sp. et A. jolliveti n. sp., toutes deux récoltées dans les bassins arrière-arc de Lau et Nord-Fidjien. Austinograea hourdezi n. sp. est caractérisée par deux dépressions apparaissant comme des taches sombres sur la main des deux chélipèdes chez le mâle ; elle diffère d’A. williamsi, plus septentrional, et d’A. rodriguezensis Tsuchida & Hashimoto, 2002, de l’océan Indien, qui, toutes deux, montrent une seule tache sur la main des pinces des mâles, près de la base du dactyle. Certains individus, qui présentent tous les caractères morphologiques d’A. hourdezi n. sp., ne portent qu’une seule tache sur les pinces, à la base du dactyle ; ils sont pour la plupart gauchers, ce qui correspond à la présence d’un chélipède régénéré avec réversion de la dextralité, après la perte accidentelle du grand chélipède : ces individus atypiques sont traités ici comme A. hourdezi n. sp. L’unique tache qui caractérise chaque pince d’A. jolliveti n. sp. est située à la base du doigt fixe dans les deux sexes et se présente comme une sorte de pustule différemment pigmentée, violacée, ressemblant à celle de Bythograea microps Saint Laurent, 1984, de la dorsale du Pacifique oriental. De plus, A. jolliveti n. sp. se distingue par le plus court G2 connu chez Austinograea, surtout par son flagellum très réduit. Austinograea hourdezi n. sp., représentée par de nombreux spécimens, cohabite avec A. alayseae sur de nombreux sites des bassins arrière-arc de Lau et Nord-Fidjien, et ces deux espèces ont probablement une large répartition géographique ; à l’inverse, A. jolliveti n. sp., représentée seulement par quelques spécimens, n’a été trouvée que sur deux sites (ABE et Mussel Valley). Dans le Pacifique Nord-Ouest, A. williamsi est apparemment distribuée dans la seule zone d’accrétion des Mariannes, où elle est le seul représentant de la famille des Bythograeidae. Il est possible que le bassin de Manus abrite une espèce encore différente d’Austinograea. Dans le Pacifique occidental, les champs de cheminées sont les seuls sites hydrothermaux, excepté sur la dorsale du Pacifique oriental, qui ne sont pas répartis de manière linéaire ; des bassins différents peuvent abriter différentes espèces appartenant au même genre de Brachyoures (cinq espèces congénériques d’Austinograea, y compris A. rodriguezensis de l’océan Indien occidental). La distinction morphologique des espèces d’Austinograea est confirmée par les analyses moléculaires, pour A. williamsi, A. alayseae et A. hourdezi n. sp. Une clé d’identification des cinq espèces d’Austinograea est proposée, dans le but de permettre l’identification des crabes photographiés in situ dans leur environnement naturel.

Mots-clés :

Gandalfus, site hydrothermal, Pacifique occidental, bassin arrière-arc de Lau, bassin arrière-arc Nord-Fidjien, bassin de Manus, bassin des Mariannes, faune profonde, espèces nouvelles

Télécharger l'article complet au format PDF