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The origin(s) of extant amphibians: a review with emphasis on the "lepospondyl hypothesis"

David MARJANOVIC & Michel LAURIN

en Geodiversitas 35 (1) - Pages 207-272

Publié le 29 mars 2013

L(es) origine(s) des amphibiens actuels : une synthèse avec emphase sur l’« hypothèse lépospondyle »

Les origines des amphibiens actuels (anoures, urodèles et gymnophiones) restent discutées après plus d’un siècle de débats. Trois groupes d’hypothèses persistent dans la littérature actuelle : l’« hypothèse temnospondyle » (TH) qui enracine Lissamphibia Haeckel, 1866 (le plus petit clade composé des amphibiens actuels) parmi les temnospondyles paléozoïques, l’« hypothèse lépospondyle » (LH) qui propose un Lissamphibia monophylétique issu des lépospondyles paléozoïques, et l’« hypothèse de polyphylie » (PH), selon laquelle les anoures et les urodèles sont des temnospondyles alors que les gymnophiones sont des lépospondyles. La découverte des albanerpetontidés, maintenant connus du Jurassique moyen jusqu’au Pliocène, qui sont très similaires aux amphibiens actuels, a plus contribué à compliquer cette situation qu’à la résoudre. Nous présentons une synthèse des publications et thèses récentes sur ce sujet ; plusieurs d’entre elles renferment des données qui soutiennent un peu plus la LH que la TH, et bien plus que la PH. De plus, nous montrons qu’il n’existe pas d’attraction particulière entre les lissamphibiens à corps allongé (gymnophiones) et des lépospondyles à corps allongé (tels que les lysorophiens) ; si on les enlève de deux matrices de données publiées, des réanalyses soutiennent toujours la LH. Dans un cas, la LH est soutenue même si on enlève tous les urodèles aussi. Nous proposons également que le complexe de caractères appelé le mode urodèle de développement de l’autopodium est (dans des formes moins extrêmes) plésiomorphiques pour les tétrapodes au sens large. La présence présumée de ce mode de développement ne soutient donc pas la TH ou la PH. Néanmoins, on n’atteindra pas de consensus de sitôt, malgré la diversité croissante des données et des types d’analyses utilisées (phylogénétique morphologique, moléculaire et combinée, biologie du développement, datation moléculaire, datation paléontologique utilisant des arbres de synthèse et datation mixte, calcul d’intervalles de confiance de la date d’apparition) pour départager les hypothèses. Nous présentons des exemples de distributions d’états des caractères pertinents et explorons une grande lacune dans le registre fossile des stégocéphales de petite taille.

Mots-clés :

Amphibia, Lissamphibia, Albanerpetontidae, Temnospondyli, Lepospondyli, phylogénétique, Tetrapoda, datation de divergences, evo-devo, lacune de Carroll

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