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Palaeoenvironmental and stratigraphic significance of Pliocene rhodolith beds and coralline algal bioconstructions from the Carboneras Basin (SE Spain)

Julio AGUIRRE, Juan C. BRAGA, Jose M. MARTÍN & Christian BETZLER

en Geodiversitas 34 (1) - Pages 115-136

Publié le 30 mars 2012

Paléoenvironnements et stratigraphie des couches à rhodolithes et des constructions à algues corallines du Pliocène du Bassin de Carboneras (SE de l’Espagne)

Dans le bassin de Carboneras (SE de l’Espagne), on observe d’épaisses couches à rhodolithes dans le cortège transgressif et dans celui de haut niveau de la séquence du Pliocène inférieur. Ces accumulations se sont produites sur la portion moyenne à externe d’une rampe. Durant la phase de transgression, on les trouve du côté sous le vent d’un cordon littoral, alors que, durant la phase de haut niveau relatif qui lui succède, ce même type de dépôts est restreint à la seule marge méridionale du bassin. L’élévation des couches à rhodolithes comparée avec celle des dépôts littoraux contemporains suggère que ces couches se sont développées à des profondeurs de quelques dizaines de mètres, mais probablement sans dépasser 50 mètres. Cette estimation de la paléo-profondeur est cohérente avec la composition de l’association phycologique, dominée par les mélobésioïdes communes dans les environnements de plates-formes relativement profonds dans l’actuelle mer Méditerranée. Le complexe à Lithophyllum incrustans Philippi, 1837-L. racemus (Lamarck) Foslie, 1901 avec Lithothamnion minervae Basso, 1995, Lt. philippii Foslie, 1909 et Mesophyllum alternans (Foslie) Mendoza & Cabioch, 1998 dominants et Phymatolithon calcareum (Pallas) Adey & McKibbin, 1970, M. macroblastum (Foslie) Adey, 1970 et lithophylloidés minoritaires est le plus fréquent avec un total de 21 espèces enregistrées. Toutes ces espèces d’algues se retrouvent dans l’actuelle Méditerranée à l’exception de Lithothamnium ramosissimum (Reuss) Piller, 1994, qui est éteinte, et de Spongites decipiens, présente dans l’aire indo-pacifique et dans l’océan Atlantique sud mais inconnue en Méditerranée. Au cours de l’intervalle transgressif, un hydrodynamisme modéré et un faible taux de sédimentation ont favorisé la formation des rhodolithes. Durant la période de haut niveau qui suit, ces conditions persistent sur la marge sud du bassin tandis qu’ailleurs les apports silico-clastiques entraînent une réduction de la part de la production carbonatée. On observe alors des bioconstructions à algues, bryozoaires et bivalves, sous forme de piliers isolés, jusqu’à 90 cm de hauteur, ou des taches irrégulières, de 2 m de hauteur et de 7 m d’extension, au sein des calcarénites fines de la rampe externe. Malgré leur ressemblance avec les piliers et constructions peu protubérantes dues aux algues corallines de la Méditerranée actuelle, appelé « coralligène de plateau », ces bioconstructions sont originales car ce sont les bryozoaires qui sont les principaux contributeurs, les algues corallines (Lt. philippii et M. lichenoides) n’y jouant qu’un rôle secondaire. À la différence de ce qui s’observe dans la Méditerranée actuelle, l’absence de débris bioclastiques dans les sédiments à granulométrie fine à proximité des constructions algaires pliocènes du bassin de Carboneras suggère que celles-ci ne devaient pas créer de relief significatif sur le fond marin de l’époque.

Mots-clés :

Couches à rhodolithes, constructions à algues corallines, Pliocène, coralligène, bassin de Carboneras, Espagne

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