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Anatomie florale comparée de Cardiochlamys et Cordisepalum. Illustration de l'hétérobathmie des Convolvulaceae-Cardiochlamyeae

Thierry DEROIN

fr Adansonia 26 (2) - Pages 199-211

Publié le 31 décembre 2004

L’anatomie florale de trois espèces de Convolvulaceae-Cardiochlamyeae a été étudiée afin de préciser les caractères et tendances morphologiques de cette tribu très récemment circonscrite grâce à l’analyse des gènes chloroplastiques, et apparaissant comme une lignée basale dans la phylogénie de la famille, en groupe frère des Humbertieae. La proximité moléculaire des genres Cardiochlamys et Cordisepalum est confirmée par la vascularisation originale de leurs réceptacles, très régulière et avec une composante trimère. La grande disjonction des deux genres (le premier de Madagascar, le second du Sud-Est asiatique) est marquée par la spécialisation plus grande des anthères chez Cordisepalum et du gynécée chez Cardiochlamys. L’accélération évolutive constatée dans les pièces sexuées s’est néanmoins effectuée en maintenant certaines plésiomorphies, notamment les connectifs histologiquement très proches de ceux des Humbertieae, Erycibeae et même Maripeae et la permanence du soubassement placentaire, vestige du placenta massif primitif. Le gynécée de Cardiochlamys apparaît hautement dérivé par la présence d’un gynophore, l’absence de cloison dans l’ovaire et la réalisation d’un véritable polymorphisme carpellaire, sans autre exemple connu parmi les Convolvulaceae. Cette étude illustre une fois encore l’importance des genres endémiques de Madagascar alliant un grand conservatisme morphologique et un dynamisme évolutif toujours surprenant.
Mots-clés :
Convolvulaceae, Solanales, vascularisation florale, gynécée, gynophore, hétérobathmie, Asie du Sud-Est, Madagascar
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