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Panorama des menaces pesant sur la faune et la flore des territoires français d’outre-mer : un éclairage à partir de la Liste rouge nationale

Nathalie de BOUILLANE de LACOSTE, Guillemette LABADIE, Shankar MEYER, Jean ICHTER, Arzhvaël JEUSSET & Guillaume GIGOT

fr Naturae 2026 (11) - Pages 189-225

Publié le 29 septembre 2026

Cette étude examine les principales menaces pesant sur la biodiversité ultramarine à partir des données de la Liste rouge nationale des espèces menacées. Elle porte sur 905 espèces menacées appartenant à dix groupes taxonomiques (flore vasculaire, mammifères terrestres et marins, oiseaux terrestres et marins, amphibiens, reptiles terrestres, tortues marines, poissons d’eau douce et récifaux, insectes, mollusques terrestre et d’eau douce, macrocrustacés d’eau douce et coraux) répartis dans neuf territoires d’outre-mer français : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, îles Éparses, Terres australes, terre Adélie et Polynésie française. Les données ont été collectées lors d’ateliers d’évaluation menés par des experts, puis consolidées selon la classification des menaces directes de l’Union internationale pour laConservation de la Nature (UICN). Pour cinq des neuf territoires considérés, pour lesquels les données étaient disponibles, des cartes comparent en première approche une visualisation indicative de la densité des espèces menacées identifiées dans la Liste rouge, comparée à la répartition actuelle des aires protégées, afin de relever les éventuelles convergences et divergences. Les résultats montrent que les espèces exotiques envahissantes constituent la menace principale, affectant 49 % des espèces terrestres et marines évaluées (n = 443 espèces), particulièrement dans les territoires insulaires. Le développement résidentiel et commercial (33 %, n = 299 espèces) et la dégradation des habitats naturels liée à l’agriculture et à l’élevage (27 %, n = 245 espèces) représentent les autres menaces majeures. Les cartes de concentration des espèces menacées révélent que certaines zones, comme en Martinique et à Mayotte, sont encore insuffisamment couvertes par des aires protégées. Si plusieurs de ces zones correspondent à des périmètres déjà identifiés par des stratégies locales de conservation, d’autres n’avaient, à notre connaissance, pas encore été mises en évidence. En soulignant la nécessité de mieux gérer les espèces exotiques envahissantes et de protéger les habitats face aux pressions humaines croissantes, cette étude fournit des données chiffrées et spatialisées inédites pour aider décideurs, gestionnaires et société civile à renforcer les stratégies de conservation dans ces territoires fragiles.


Mots-clés :

Listes rouges de l’UICN, espèces menacées, pressions anthropiques, statuts de conservation

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