
Certains paléoanthropologistes ont émis l’hypothèse que, pendant l’évolution de l’augmentation du régime carné dans notre lignée, les hominiens passèrent par la phase transitoire d’une niche écologique de type charognard, facilitée par certains taxons de carnivores (en particulier les félins à canines en lames de sabre) qui auraient pu être dépourvus de la morphologie nécessaire pour exploiter pleinement toutes les parties des carcasses (par exemple la moelle), laissant ainsi ouverte une niche favorable aux charognards et disponible pour les hominiens. Dans cet article, nous examinons la denture postcanine de carnivores actuels et fossiles en quantifiant le rayon de courbure occlusal en corrélant la morphologie au comportement alimentaire, pour en déduire les capacités d’utilisation des carcasses des carnivores pliopléistocènes d’Afrique du Sud. Les données sur les rayons de courbure constituent un bon outil pour séparer les taxons par catégories de régime alimentaire, révélant de possibles différences dans la capacité d’utiliser les carcasses chez les membres fossiles ou modernes de quelques espèces et de confirmer que Chasmaporthetes était probablement un hypercarnivore et non un animal durophage comme les hyènes actuelles. Contrairement aux hypothèses précédentes, les félins aux dents en lame de sabre n’apparaissent pas avoir été plus hypercarnivores que les félins modernes en se basant sur ces données.
Homininae, Hominidae, Niche de charognard, Chasmaporthetes, Durophage, Hypercarnivore