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New associated postcranial remains from the Shungura Formation (Lower Omo Valley, Ethiopia) provide insights on behaviors and ecology of early Homo

Alicia BLASI-TOCCACCELI, Guillaume DAVER, Tiphaine BRUSSE, Tea JASHASHVILI, Jean-Luc VOISIN, Laurent PALLAS, Mathieu DOMALAIN, Jérôme SURAULT, Blade Engda REDAE & Jean-Renaud BOISSERIE

en Comptes Rendus Palevol 25 (12) - Pages 207-247

Publié le 08 juillet 2026

Cet article est tiré de la thématique Aperçus d’un écosystème africain au Plio-Pléistocène : la basse vallée de l'Omo en Éthiopie

Nouveaux restes postcrâniens associés de la formation de Shungura (basse vallée de l’Omo, Éthiopie) : indices sur les comportements et l’écologie des premiers représentants du genre Homo

Le genre Homo aurait divergé écologiquement des australopithèques (Australopithecus et ­Paranthropus) entre 2,8 et 1,9 Ma. En comparaison des australopithèques, le répertoire comportemental d’Homo serait caractérisé non seulement par de la marche bipède sur longues distances et de la course d’­endurance, mais également par une réduction, voire une absence, de la locomotion arboricole et une augmentation des activités de dextérité (lancer, manipulation, porté de charge). Toutefois, tester ces deux dernières hypothèses restait jusqu’à présent difficile en raison de la rareté des restes associés, de la variabilité de leurs états de préservation et des différences de stade ontogénétique. Cette étude présente de nouveaux restes postcrâniens assignés à l’individu adulte OMO VE 3-10063 provenant de la Formation de Shungura (basse vallée de l’Omo, Éthiopie) et datés à environ 1,84 Ma. Ces restes comprennent une épaule et un bras subcomplets, ainsi que les fragments de deux vertèbres et d’une côte. Les comparaisons avec des grands singes non-humans actuels, d’humains actuels et des homininés fossiles Plio-Pléistocène en utilisant des mesures linéaires et angulaires et la morphométrie géométrique montrent que OMO VE 3-10063 est taxonomiquement et fonctionnellement plus proche d’Homo que des australopithèques. Cela en fait ainsi l’épaule la plus ancienne et la mieux préservée attribuée à ce genre. Ce squelette partiel indique que les représentants du genre Homo présentaient dès 1.8 Ma des aptitudes locomotrices arboricoles limitées, notamment avec une surface glénoïde de la scapula moins crânialement orientée que chez les grands singes africains, un coude avec trochlée peu profonde et une morphologie de la clavicule qui suggère que les forces qui se sont exercées sur le membre supérieur de cet individu étaient similaires à celles des humains actuels. Finalement, nous formulons l’hypothèse que les nouveaux restes postcrâniens d’OMO VE 3 sont cohérents avec la pratique d’activités de dextérité accrues et d’une bipédie terrestre habituelle par rapport aux australopithèques.

Cet article a bénéficié d'une double évaluation par les pairs, initialement de la part de PCI Paleontology (recommandation https://doi.org/10.24072/pci.paleo.100405), puis par les Comptes Rendus Palevol.


Mots-clés :

Plio-Pléistocène, épaule, locomotion, dextérité, divergence écologique

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