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Synopsis bryosociologique pour la France

Jacques BARDAT & Jean-Christophe Hauguel

fr Cryptogamie, Bryologie 23 (4) - Pages 279-343

Publié le 25 octobre 2002

La flore bryophytique française étant l’une des plus riches d’Europe, il convenait de mettre au point une classification des communautés bryophytiques s’appuyant sur les travaux des pays voisins. Si de nombreux publications permettent de structurer un synsystème pour l’ensemble du territoire national métropolitain, le bilan des connaissances actuelles en France, souligne encore les lacunes et le manque de travaux de terrain. Les auteurs intègrent dans une même architecture synsystèmatique les classes strictement bryosociologiques et celles déterminées par des cortèges de plantes vasculaires. Ceci est justifié par une littérature bryosociologique où de nombreux syntaxons sont décrits en utilisant à la fois des bryophytes et des plantes vasculaires ou bien parce que les bryophytes prennent une place prépondérante dans les communautés herbacées. Les auteurs soulignent l’importance de bien distinguer les communautés bryophytiques selon leurs liens avec les phytocoenoses dominantes. Ils proposent ainsi, les notions de communautés subordonnées, associées, conditionnées, et de complexes bryo-phanérogamiques. De plus l’indication systématique des caractéristiques écologiques et dynamiques globales des unités permet une meilleure approche de la classification et justifie les regroupements de syntaxons. La mise au point du synsystème conduit les auteurs a inclure de nouvelles unités. Ainsi sont proposées : la classe des Myliaeted anomalae (incluant l’ordre des Myliaetalia anomalae et une alliance le Mylion anomalae), les ordres des Sphagnetalia cuspidatae (in classe des Utricularietea intermedio-minoris) et des Eurhynchietalia striati (in classe des Hylocomietea splendentis), les alliances du Rhytidiadelphion lorei (in classe des Hylocomietea splendentis) du Cochlearion pyrenaicae, du Pellion endiviifoliae, et du Riccardio-Eucladion verticillati (in classe des Montio-Cardaminetea) ainsi que la sous-alliance du Diplophyllenion albicantis (in classe des Pogonato-Dicranelletea heteromallae). Au-delà de ces nouvelles propositions, le territoire français reste mal connu et de nombreux travaux sont encore nécessaires pour disposer d’un éventail complet des communautés bryophytiques. En France, plusieurs unités de rang supérieur ne possèdent pas d’association dûment décrite, telles que l’Aloino bifrontis-Crossidion crassinervis, le Tortellion flavovirentis (in classe des Barbuletea unguiculatae), les Rielletea helicophyllae ou bien encore l’Arabidion caeruleae (in classe des Salicetea herbaceae). Si le synsystème présenté constitue une base de référence exploitant les données les plus récentes, comme toute classification, il est à même d’évoluer avec l’avancement des recherches et devra être modifié en conséquence. L’utilisation des groupements bryophytiques dans l’évaluation de la biodiversité reste encore peu usitée. Elle représente pourtant un axe de recherche tout à fait pertinent pour mesurer l’impact des changements d’états des écosystèmes qui accueillent ces communautés, en particulier face aux perturbations naturelles et anthropiques


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