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The hooting past. Re-evaluating the role of owls in shaping human-place relations throughout the Pleistocene

Shumon T. HUSSAIN

en Anthropozoologica 56 (3) - Pages 39-56

Publié le 19 février 2021

Le passé du hululement. Une réévaluation du rôle des Strigiformes dans le développement des relations homme-espace durant le Pléistocène

Les recherches précédentes sur la signification des animaux dans les débuts de l’évolution humaine ont été axées de manière prépondérante sur les grands mammifères, en particulier sur la série emblématique d’herbivores et de carnivores qui peuplaient autrefois la Steppe à Mammouths eurasienne. S’appuyant sur des travaux antérieurs de l’auteur, cet article aborde l’importance largement sous-estimée des rapaces nocturnes pour la vie humaine durant le Pléistocène – des oiseaux prédateurs qui ne figurent que rarement dans la culture visuelle Paléolithique et qui jusqu’ici ont attiré l’attention des chercheurs principalement en tant qu’agents taphonomiques. Nous soutenons que les Strigiformes du Pléistocène ont joué un rôle crucial dans la formation, la consolidation et la perpétuation du sens du lieu de l’homme, en contribuant de manière vitale et variée à l’évolution de la conceptualisation du paysage et de l’expérience spatiale humaine. En examinant les témoins archéologiques avant l’aube de la période chaude de l’Holocène, nous montrons que l’on peut distinguer deux phases consécutives d’interactions précoces homme-Strigiforme : une phase du pré-Paléolithique supérieur au cours de laquelle hominidés et Strigiformes ont partagé des lieux similaires, mais où l’habitation était essentiellement non contiguë ; et une phase du Paléolithique supérieur au cours de laquelle les relations homme-Strigiforme sont devenues de plus en plus variées et spécifiques à une région, de sorte que l’« autre » Strigiforme puisse devenir un voisin significatif. L’article montre comment la contextualisation des exemples d’images de chouettes et de hiboux du Paléolithique supérieur peut clarifier l’enchevêtrement de ces oiseaux avec les pratiques humaines d’aménagement de l’espace. Ces données s’ajoutent à l’appréciation des trajectoires homme-animal profondément enchevêtrées et co-évolutives, qui ont façonné la condition humaine au cours du temps. En dépit de leur signification socioculturelle supposée négligeable, les Strigiformes doivent être reconnus comme une partie irréductible du contexte animal grâce auquel la création de l'humanité a finalement été rendue possible.


Mots-clés :

Strigiformes, archéo-ornithologie, études homme-animal, Paléolithique, histoire animale, écologie multi-espèces, géographie plus-que-humaine, culture visuelle, art pariétal, aménagement de l’espace.

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