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La Linnée boréale (Linnaea borealis L.) dans le Parc national de la Vanoise : distribution, variabilité génétique, biologie de la reproduction, écologie et état de conservation

Serge MULLER, Thierry DELAHAYE, Myriam GAUDEUL & Yves PAUTHIER

fr Naturae 2019 (3) - Pages 81-105

Publié le 17 avril 2019

La Linnée boréale (Linnaea borealis L.), espèce à distribution circumboréale présente en aire disjointe dans la chaîne alpine, possède ses seules localités françaises actuellement connues dans le Parc national de la Vanoise. Ces cinq stations, réparties en dix sous-stations ou populations distinctes, sont situées entre 1270 et 2150 m d’altitude dans des habitats acidiphiles de forêts d’Épicéa Picea abies (L.) H. Karst (stations de Champagny-en-Vanoise et Pralognan-la-Vanoise), de Pin cembro (Pinus cembra L., station des Allues), de Mélèze Larix decidua Mill. (station de Tignes) et des rhodoraies subalpines (stations de Champagny-en-Vanoise et des Allues). Dans la plupart de ces stations, la Linnée boréale apparaît à des expositions orientées vers le Nord et sur des pentes souvent fortes, pouvant correspondre à des éboulis ou des chaos rocheux. L’espèce y fleurit le plus souvent abondamment aux mois de juillet et d’août, mais sa fructification et surtout sa production de graines viables (susceptibles de germer) semblent varier en fonction des conditions climatiques estivales. La variabilité génétique des populations de Vanoise apparaît relativement élevée, pouvant permettre d’assurer, en plus de sa multiplication végétative très active par stolons, une reproduction sexuée malgré son caractère auto-incompatible. Mise à part peut-être la station de la forêt d’Isertan à Pralognan-la-Vanoise, les populations ne présentent pas actuellement de signes de régression démographique. Bien que l’espèce ait été évaluée dans d’autres territoires situés en aire disjointe (Écosse) comme étant sensible au changement climatique, le gradient altitudinal de sa distribution et la diversité de ses habitats en Vanoise représentent des atouts pour faire face aux augmentations de température prévues pour les prochaines décennies. Les stations les plus basses en altitude et à orientation ouest du Bois des Caves à Champagny-en-Vanoise mériteraient toutefois d’être surveillées comme populations sentinelles de la sensibilité de l’espèce face aux changements climatiques.

Mots-clés :

Espèce protégée, aire disjointe,  Alpes, changement climatique.

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