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Distribution statistique de la taille imaginale de Pterostichus madidus (Fabricius, 1775) dans les plaines de l’est de la France : de la nécessité de rechercher ses composantes géographiques et historiques

Michel LOUBÈRE, Anne VALLET, Monique PROST, Marlène TRÉCA & Nicolas FRANÇOIS

fr Naturae 2018 (4) - Pages 43-55

Publié le 03 octobre 2018

La taille imaginale de Pterostichus madidus (Fabricius, 1775) est définie comme la distance entre l’apex des mandibules au repos et l’apex des élytres. Sa variabilité est explorée dans les dimensions latitudinales, altitudinales et temporelles de sa niche écologique, à l’aide d’un jeu de données constitué des mesures de 658 spécimens collectés de 2007 à 2016 dans plusieurs espaces protégés et milieux ordinaires de Côte-d’Or, Meurthe-et-Moselle et Moselle. Les femelles se montrent toujours les plus réactives. Un gradient de variation latitudinale de type Bergmann inversé leur est trouvé. Au sud, elles sont plus grandes de 0,7 mm en moyenne. Chez les mâles se constatent une hétérogénéité de la variance et une variabilité stationnelle qui rendent leur gradient latitudinal moins perceptible. Mais il n’y a pas de variation significative du dimorphisme sexuel avec la latitude. Les animaux récoltés sur la période 2012-2016 en Côte-d’Or sont comparés à un échantillon collecté dans les mêmes secteurs de 1978 à 1998. Les femelles récentes furent trouvées plus grandes de 0,7 mm, ce qui fait un premier cas de variation inter-générationnelle de la taille imaginale pour un coléoptère terrestre dans son milieu naturel, ici à l’échelle d’un département. L’éventualité qu’il s’agisse d’une réponse au changement climatique est considérée, en regard de ce qu’il reste à apprendre sur l’écophysiologie larvaire de cette espèce en milieu naturel et des réactions prévues aux poïkilothermes terrestres dans ce contexte.

Mots-clés :

Coleoptera, Carabidae, latitude, changement climatique.

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