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Données nouvelles sur Rhapydionina Stache, 1913 et Fanrhapydionina n. gen., un groupe de Rhapydioninidae (Alveolinacea, Foraminifera) foisonnant en région périadriatique au Campanien-Maastrichtien

Jean-Jacques FLEURY

fr Geodiversitas 36 (2) - Pages 173-208

Publié le 27 juin 2014

Rhapydionina gr. liburnica et sa variante flabelliforme Fanrhapydionina flabelliformis n. gen., n. sp. représentent les deux plus remarquables composantes d’un groupe, partie de la sous-famille Rhapydionininae, qui se diversifie largement dans les milieux confinés des plates-formes carbonatées de Méditerranée nord-occidentale au cours du Campanien-Maastrichtien. Ce groupe, comme tous les Alveolinacea, comporte des loges divisées par des « cloisonnettes » perpendiculaires à la paroi des loges et un « espace préseptal » ainsi que, comme tous les Rhapydioninidae, une structure compacte occupant la région axiale des loges, « l’endosquelette central ». Il est en outre caractérisé par une forte tendance au « déroulement » (courte partie spiralée involute suivie d’une importante « Partie Rectiligne Unisériée » [PRU]), et surtout par l’existence d’une calotte aperturale criblée d’ouvertures dont les plus périphériques (dites primaires), obliques sur l’axe des loges, isolent apparemment, en section, l’endosquelette central. Ce groupe apparaît et se diversifie à la fin du Crétacé, période pendant laquelle on distingue en Grèce deux biozones fondées sur les membres de la famille Rhapydioninidae : « CsB6 » d’âge campanien p.p.-maastrichtien p.p. et « CsB7 », d’âge maastrichtien p.p. La biozone CsB6 voit le développement de Rhapydionina Stache, 1913 à petits proloculus, peu « déroulées » (dont la partie spiralée reste relativement importante). Parmi celles-ci, nommées globalement Rhapydionina gr. dercourti, sont formellement identifiées trois nouvelles espèces : R. bulbiformis n. sp., de petite taille et de proloculus menu, est interprétée comme proche de l’origine du groupe ; R. dercourti n. sp., de taille moyenne, à proloculus de diamètre encore faible et PRU essentiellement cylindro-conique, est bien répandue ; R. fourcadei n. sp., peu différente de la précédente mais développant une PRU aplatie et de plus nombreuses cloisonnettes, montre la voie empruntée par Fanrhapydionina n. gen. La biozone CsB7, dépourvue des espèces précédentes, voit l’abondance des Rhapydionina aff. liburnica, très comparables au type slovène de l’espèce par leur important déroulement, mais dotées de proloculus plus petits, à peine plus grands que ceux des espèces de la biozone CsB6. En outre, la biozone CsB7 recèle Fanrhapydionina flabelliformis n. gen., n. sp., de même type structural que R. liburnica (Stache, 1889), mais dont la génération A est dotée de plus grands proloculus et d’une PRU en forme d’éventail. L’individualité du rameau constitué par ce nouveau taxon est assurée par l’existence d’un prédécesseur moins achevé au sein de la biozone CsB6 (Fanrhapydionina aff. flabelliformis).

Mots-clés :
Plates-formes adriatico-égéennes, Grèce, biostratigraphie, Campanien-Maastrichtien, genre nouveau, espèces nouvelles.
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