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Corrélations stratigraphiques de la plate-forme européenne dans le cadre du Programme Péri-Téthys (Introduction générale)

Sylvie CRASQUIN-SOLEAU & Patrick DE WEVER

fr en Geodiversitas 19 (2) - Pages 169-171

Publié le 24 juin 1997

Une synthèse géologique des données disponibles concernant les bassins et les systèmes pétroliers installés sur les plates-formes qui bordent (ou sont incluses dans) les chaînes téthysiennes est actuellement possible car : 1. D'une part de nombreux géologues ont récemment soutenu des thèses de doctorat autour de la Téthys et de nombreux travaux de synthèse ont été effectués par différentes équipes. Le plus souvent, seuls les concepts ont donné lieu à publication alors que les données qui les fondent ne sont pas aisément accessibles ; mais elles sont disponibles en exemplaires à très faible tirage et peuvent être analysées ; 2. Dautre part, de nombreuses données industrielles sont légalement abordables (en général dix ans après leur acquisition). Un certain nombre ont été publiés par un Mémoire du Muséum national d'Histoire naturelle (Peri-Tethys Memoir n° 2, tome 170, 1996) ; 3. Enfin, l'ouverture des pays qui furent à économie planifiée et accèdent à l'économie de marché est de plus en plus nette ; les informations deviennent accessibles et sont susceptibles d'être compilées avec celles d'autres pays. Cet état de fait permet l'établissement d'une synthèse de bassins. Cela nécessite : 1. De réunir les équipes qui disposent de l'information (données de base des thèses, données tombées dans le domaine public...) ; 2. De déterminer une échelle chronologique et un vocabulaire communs aux différentes cultures. Les corrélations stratigraphiques sont actuellement un élément prioritaire à toute tentative de synthèse associant les trois familles de données évoquées ci-dessus. L'idée du travail est d'examiner le comportement des bassins sédimentaires péri-téthysiens à la lumière des réseaux de contraintes successifs associés à la fin de l'orogenèse varisque, à l'ouverture de la Téthys puis à sa fermeture entre l'Eurasie et l'Afrique-Arabie. Le Programme Péri-Téthys concerne les régions comprises, au nord en Europe, entre l'Atlantique et l'Oural, au sud, en Afrique-Arabie-Moyen Orient jusqu'à l'océan Indien. Le présent travail concerne uniquement les bassins épi-cratoniques au nord de la Téthys. La synthèse finale se présentera sous forme d'un atlas de vingt-deux cartes paléogéographiques et de leurs légendes. L'essentiel portera sur les paléoenvironnements et le synchronisme des objets et des étapes physiques. L'initiative de ce Programme provient d'Europe occidentale : le Programme Téthys (1989-1993) a conduit à une synthèse de l'océan téthysien et de ses marges d'Amérique centrale au travers des chaînes alpines et himalayennes jusqu'aux Philippines, pendant 250 Ma (du Permien terminal au Tortonien). Au noyau de base, où les géologues français étaient largement représentés, se sont joints au cours du Programme de nombreux géologues européens. Le Programme Péri-Téthys associe à ce noyau des équipes importantes de divers pays d'Europe occidentale (Italie, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Belgique, Royaume Uni, ...) et des géologues de chacun des pays où sont conduites les études. Aujourdhui que les opportunités scientifiques sont facilitées entre chercheurs des pays de l'Est et de l'Ouest, des solutions à de nombreux problèmes stratigraphiques pourront être apportées par le biais des projets communs et permettre aux chercheurs d'établir des inventaires plus complets et par là significatifs, puis d'établir des modèles qui faciliteront des interprétations affinées des bassins géologiques. Notre objectif est de faire des analyses biostratigraphiques des bassins un outil plus performant à la fois pour les chercheurs fondamentaux et appliqués. Des synthèses taxonomiques et stratigraphiques existent aujourd'hui pour des régions téthysiennes, mais souvent aucune corrélation n'est possible avec des aires géographiques orientales sous influence boréale. Cette lacune dans nos connaissances est due à la fois aux domaines paléogéographiques différents (Boréal vs. Téthysien) et au fait que la plupart des données boréales de l'Est avaient été acquises dans les pays de l'Est où les méthodes et les moyens techniques étaient différents.