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Mosasaurus hoffmanni, le ""Grand Animal fossile des Carrières de Maestricht"" : deux siècles d'histoire

Nathalie BARDET & John W. M. JAGT

fr Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, 4ème série – section C – Sciences de la Terre, Paléontologie, Géologie, Minéralogie 18 (4) - Pages 569-593

Publié le 28 octobre 1996

En ce bicentenaire de son arrivée au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, le "Grand Animal fossile des Carrières de Maestricht" est révisé d'un point de vue historique. L'analyse d'un échantillon de gangue associée au fossile a permis de déterminer sa provenance stratigraphique exacte au sein de la Formation Maastricht : il s'agit de l'horizon de Kanne, situé dans le tiers supérieur de la craie de Nekum, d'âge Maastrichtien supérieur. Le récit entourant la découverte du fossile et sa confiscation par les troupes révolutionnaires françaises, véhiculé par louvrage de FAUJAS DE SAINT-FOND (1799) est démythifié. Le spécimen fut trouvé entre 1770 et 1774 et confisqué lors de la prise de Maastricht en novembre 1794. Il arriva à Paris au printemps de 1795, en même temps que G. CUVIER entrait au Muséum. La nature de l'inconnu de Maastricht fut discutée par les naturalistes de l'époque qui l'attribuèrent d'abord à un crocodile, puis à un cétacé. A. CAMPER révéla sa vraie nature, à savoir un lézard varanoïde marin gigantesque, et CUVIER confirma cette hypothèse en appliquant la méthode de l'anatomie comparée. Le mosasaure de Maastricht reçut plusieurs noms scientifiques mais c'est sous celui de Mosasaurus hoffmanni Mantell, 1829 qu'il faut le désigner. Ce lézard éteint joua un rôle dans l'oeuvre de CUVIER, notamment concernant sa conception des catastrophes universelles. Il est suggéré que l'étude que CUVIER réalisa du mosasaure influença la conception du monde mésozoïque pendant plusieurs décennies, notamment l'idée que l'on se faisait dautres sauriens gigantesques y compris les dinosaures
Mots-clés :
Mosasaure, Maastricht, stratigraphie, histoire des Sciences