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Structural and floristic characteristics of a rain forest on schist in New Caledonia

Tanguy JAFFRÉ & Jean-Marie VEILLON

en Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, 4ème série – section B, Adansonia : Botanique, Phytochimie 17 (3-4) - Pages

Publié le 15 décembre 1995

Caractéristiques structurales et floristiques d'une forêt dense humide sur schistes en Nouvelle-Calédonie : comparaison avec une forêt dense sur roches ultramafiques

L'étude floristique et structurale d'une forêt de pente sur schistes a été réalisée sur 12 transects de 2500 m2 dans le massif forestier du Col d'Amieu, situé entre 440 et 500 m d'altitude dans la partie centrale de la Nouvelle-Calédonie. Les résultats sont comparés à ceux obtenus précédemment pour une forêt de pente localisée sur roches ultramafiques dans le Grand Massif du Sud, ainsi qu'à ceux relatifs à différentes forêts de Malaisie et de Mélanésie. La densité des tiges à l'hectare (1256 tiges de dbh 10 cm) est relativement élevée, et supérieure celle de la plupart des forêts de Mélanésie et de Malaisie. Les tiges de petits et moyens diamètres (2 dbh 30 cm) sont moins nombreuses sur schistes que sur roches ultramafiques, tandis que l'inverse est observé pour les tiges de dbh 30 cm. La surface terrière de la forêt du Col d'Amieu (55,1 m2/ha) est supérieure celle des autres forêts étudiées en Nouvelle-Calédonie et se situe parmi les surfaces terrières les plus fortes observées pour différentes forêts de la région. Avec 237 phanérogames recensées sur 3 ha et une moyenne de 97 espèces/ha de dbh 10 cm, la forêt sur schistes a une richesse floristique nettement inférieure celle de la forêt sur roches ultramafiques et sensiblement moins élevée que celle de la plupart des forêts de Malaisie et de Mélanésie. L'augmentation du nombre des espèces avec l'accroissement de la surface inventoriée se poursuit de manière significative au-delà de 2,5 ha, mais lorsque les espèces les plus rares, (représentées dans moins de 4 placettes sur 120) ne sont pas prises en compte, le nombre des espèces se stabilise entre 2 et 2,5 ha. La diversité spécifique exprimée par l'indice de Shannon-Wiener à partir des densités de tiges est relativement élevée (H'>5), sauf pour les parcelles dominées par Pancheria brunhesi , espèce secondaire marquant la reconstitution de la forêt. Les familles les plus riches sont, avec plus de 10 espèces chacune, les Sapindaceae, les Rubiaceae, les Myrtaceae et les Moraceae. Les Sapindaceae, Moraceae, Myrsinaceae, Proteaceae sont plus nombreuses sur schistes que sur roches ultramafiques, tandis que le contraire s'observe pour les Myrtaceae, Rubiaceae, Lauraceae, Araliaceae, Cunoniaceae et Euphorbiaceae. Les gros arbres (dbh 40 cm) appartiennent à 42 espèces et 20 familles : les Myrtaceae étant avec 6 espèces, la mieux représentée. Viennent ensuite en seconde position avec 4 espèces chacune les Cunoniaceae, les Guttiferae, les Lauraceae et les Sapindaceae. La plus forte contribution à la densité des tiges est apportée par la famille des Sapindaceae suivie des Meliaceae puis des Guttiferae pour les tiges de dbh 2 cm, et par les Guttiferae puis les Cunoniaceae pour les tiges de dbh 10 cm. Au niveau des familles, la plus forte contribution la surface terrière revient dans l'ordre aux Cunoniaceae et aux Guttiferae, suivies, pour les tiges de dbh 10 cm de celles des Meliaceae et des Myrtaceae, et pour les tiges de dbh 40 cm, des mêmes familles dans l'ordre inverse. A l'échelon spécifique, la plus forte contribution la surface terrière revient Pancheria brunhesi (Cunoniaceae), constituant respectivement 17 % et 27,5 % de la surface terrière des tiges de dbh 10 cm et 40 cm. Viennent ensuite Calophyllum caledonicum (Guttiferae) dans les deux cas, puis Anthocarapa nitidula (Meliaceae) pour les tiges de dbh 10 cm et Montrouziera cauliflora (Guttiferae) pour celles de dbh 40 cm.