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Do Dialytrichia mucronata and D. saxicola share the same ecological preferences? A case study in the Rhône Valley (France) and possible application for river incision biomonitoring.

Marc PHILIPPE, Anne-Kristel BITTEBIERE & Vincent HUGONNOT

en Cryptogamie, Bryologie 40 (13) - Pages 141-152

Publié le 25 septembre 2019

Dialytrichia mucronata et Dialytrichia saxicola ont-ils les mêmes préférences écologiques? L'exemple de la vallée du Rhône (France) et possibilité d'application à la bioindication de l'incision fluviale.

L’anthropisation a conduit à une incision préoccupante des rivières partout en Europe. La bioindication peut caractériser cette incision, ou à l’inverse l’efficacité d’une renaturation. Les mousses de la partie supérieure de la zone inondable, en tant que petits organismes aux capacités de captage de l’eau limitées, sont de bonnes candidates pour cette bioindication. Ici nous testons la paire d’espèces Dialytrichia mucronata (Brid.) Broth. - D. saxicola (Lamy) M.J. Cano, toutes deux typiques de la partie supérieure de la zone d’inondation, mais la seconde ayant été supposée plus résistante au stress hydrique. Nous avons analysé 179 relevés bryosociologiques du bassin français du Rhône, sur un large éventail écologique. Des tests chi-deux de Pearson ont été conduits pour déterminer si la latitude, l’altitude, le substrat et le phorophyte ont un effet sur la distribution des espèces de Dialytrichia (Schimp.) Limpr. L’assemblage de D. mucronata et de D. saxicola avec d’autres bryophytes a été testé par une approche multivariée. Une carte préliminaire de répartition en France métropolitaine a été compilée pour chacune des espèces. Les résultats montrent que les deux espèces diffèrent écologiquement et pourraient être plus sténoèces que le suggère le large spectre synécologique. Pas moins de 83 espèces de bryophytes ont été rencontrées associées à l’une ou l’autre des espèces de Dialytrichia. L’inertie cumulée par les trois premiers axes de l’analyse factorielle des correspondances atteignait 23.26% seulement, et il n’y a pas de structuration claire des projections. Il est conclut que ni l’occurrence relative de Dialytrichia mucronata et D. saxicola, ni les communautés hébergeant ces espèces, ne peuvent être utilisées pour enregistrer les changements de végétation induits par l’incision.

Mots-clés :
Bioindication, Bryophyta, hydrosystèmes, Pottiaceae, ripisylve, bassin versant.
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