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Un compilateur en eaux (in-)connues : Thomas de Cantimpré et la faune aquatique du nord-ouest de l’Europe

Grégory CLESSE

fr Anthropozoologica 53 (7) - Pages 87-96

Publié le 11 mai 2018

Cet article est tiré de la thématique Animaux aquatiques et monstres des mers septentrionales (imaginer, connaître, exploiter, de l’Antiquité à 1600)

Cet article étudie la manière dont Thomas de Cantimpré, compilateur dominicain, traite l’information ichtyologique de sa propre contrée dans son encyclopédie latine intitulée Liber de natura rerum (c. 1242-1247), ainsi que sa postérité dans les ouvrages qui s’en inspireront directement. La première partie analyse les passages dans lesquels Thomas de Cantimpré fournit des indications géographiques sur la faune marine, en mettant l’accent sur les quelques sections qui mentionnent le nord-ouest de l’Europe et les nomenclatures vernaculaires. La position du compilateur est paradoxale : d’une part, Thomas de Cantimpré est familier de la faune de la région dont il est lui-même originaire, mais d’autre part, les autorités qu’il cite habituellement proviennent principalement du milieu méditerranéen et ne donnent parfois pas d’information précise à ce sujet. Le second volet prend en considération la réception de ces chapitres dans la traduction flamande de Jacob van Maerlant et dans l’Hortus sanitatis (XVe siècle) par l’intermédiaire du Speculum naturale de Vincent de Beauvais. Dans cette perspective, nous prêtons une attention particulière aux silences, c’est-à-dire aux passages omis dans cette chaîne de transmission. En effet, ces omissions apportent aussi des indices sur l’approche épistémologique de Thomas de Cantimpré, en comparaison avec ses successeurs, en prenant en considération les conditions spatiales, temporelles et linguistiques de cette compilation.

Mots-clés :

Moyen Âge, latin, encyclopédisme, histoire naturelle, vernaculaire, Thomas de Cantimpré, Vincent de Beauvais, Jacob van Maerlant.

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