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Avant-propos. Le travail du cuir.

Sylvie BEYRIES

fr Anthropozoologica 43 (1) - Pages 7-8

Publié le 27 juin 2008

Les procédés techniques peuvent révéler certains aspects d’organisations socio-économiques des groupes qui les mettent en œuvre, c’est le cas du travail des peaux. Le travail des peaux est une activité qui laisse très peu de vestiges au sol. Les outils sont souvent les seuls éléments attestant de cet artisanat. Comment peuvent-ils nous donner des indications sur les techniques mises en œuvre ? Dans une perspective ethno-archéologique, des enquêtes ont été réalisées dans différentes zones où le travail du cuir est encore aujourd’hui effectué de façon traditionnelle avec la mise en œuvre, pour tout ou partie du travail, d’outils en os et/ou en pierre. Cinq groupes ont été étudiés, les Tchouktches du nord du Kamchatka (Sibérie orientale, Fédération de Russie), les Athapaskans et les Salish de Colombie-Britannique (Canada) et les groupes Gamo et Konso d’Éthiopie. Dans Modélisation du travail du cuir en ethnologie : proposition d’un système ouvert à l’archéologie, Sylvie Beyries nous montre comment une modélisation de l’étude des outillages de pierre contemporains permet la construction d’une modèle d’analyse appliqué aux périodes les plus anciennes. Cet article s’appuie sur un référentiel iconographique très riche qui est présenté dans un DVD interactif qui accompagne la version papier. Verlee Rots, dans Hafting and raw materials from animals. Guide to the identification of hafting traces on stone tools, nous présente une vue d'ensemble des matières animales qui peuvent être utilisés pour l’emmanchement des outils de pierre. Les données obtenues créent un véritable référentiel pour permettre l'identification des outils en pierre emmanchés et des matières animales utilisés pour les emmanchements issus de sites préhistoriques. Dans son article The Gamo of southwestern Ethiopia and Cross-Cultural Comparisons, K.J. Weedman examine et explique la diversité des pratiques du travail des peaux chez les Gamo du sud de l'Éthiopie, en particulier en mettant l'accent sur la variation de la matière première des grattoirs, des emmanchements et l'utilisation de l'espace. Ces pratiques et les matériaux sont ensuite comparés à d’autres parties du monde dans le souci d’examiner l’intra et l’interculture. Le projet de J. Lesur-Gebremariam, Ethnoarchéozoologie sur le travail du cuir : l’exemple de deux maisons de tanneurs dans le Konso (Éthiopie), s’articule sur trois axes : les processus de tannage, les recherches ethnographiques sur les tanneurs konsos passés et actuels et la fouille de maison historiques récemment abandonnées par des tanneurs. Ce sont les analyses archéozoologiques des assemblages osseux provenant de deux maisons fouillées qui sont présentés ici. Ces données confirment le double statut des bovins et des caprinés (consommation et tannage) établi par les données ethnographique et apportent de nouvelles informations sur l’évolution de l’utilisation animale au cours de l’histoire de ces deux maisons de tanneurs.

Mots-clés :

Cuir, modélisation, emmanchements, matières premières, tanneurs, ethnoarchéozoologie

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