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Les premiers animaux de compagnie, 8500 ans avant notre ère ? ou comment j'ai mangé mon chat, mon chien et mon renard

Jean-Denis VIGNE & Jean GUILAINE

fr Anthropozoologica 39 (1) - Pages 249-273

Publié le 30 juillet 2004

Par le faible intérêt économique qu'ils présentent, les mammifères carnivores offrent des caractéristiques particulièrement favorables pour étudier, par l'archéologie, les dimensions sociales et symboliques de la domestication au début du Néolithique. Une courte revue des données disponibles sur les débuts de la domestication du chien, du chat et d'autres carnivores, principalement au Proche-Orient, permet de poser la question des conditions de leur domestication. Les récentes découvertes faites dans le Néolithique précéramique à Chypre apportent quelques éclairages nouveaux sur ces questions. Elles confirment l'introduction volontaire sur l'île du chien (Canis familiaris), du renard (Vulpes vulpes) et du chat (Felis s. lybica) et précisent les dates de ces événements, respectivement avant la fin du 9e millénaire, et au cours de la première moitié et de la seconde moitié du 8e millénaire. Une telle introduction plaide en faveur d'un apprivoisement et d'une appropriation des animaux par l'homme. Une sépulture associant un homme et un chat inciterait même à parler d'animaux familiers. Mais une proportion importante des restes de ces trois carnivores témoigne de la consommation par l'homme. De plus, plusieurs indices suggèrent que tout ou partie de ces animaux avait échappé au contrôle de l'homme pour constituer des groupes marrons. Bien peu de chiens, voire aucun ne semblent avoir vécu aux abords immédiats des habitations. Ces éléments, contradictoires au regard de nos conventions occidentales modernes, dénotent, pour ces phases anciennes du Néolithique, une frontière ténue et fluctuante entre le domestique et le sauvage.

Mots-clés :

Carnivores, chien, chat, renard, Néolithique, PPNB, Proche-Orient, Chypre, sépulture animale, cynophagie.

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