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Le bestiaire des linguistes et la limite supérieure de l'animal vrai

François POPLIN

fr Anthropozoologica 37 - Pages 39-64

Publié le 01 septembre 2003

Animal, dans son acception commune la plus profonde, est centré sur les êtres à quatre pattes, de chair et de sang comme nous, ayant du poil et de la voix. Le terme peut s'étendre à des animaux moins vrais, comme les oiseaux, le lézard, la tortue, mais cette extension de sens ne descend pas jusqu'aux vers et aux poissons. Que la limite inférieure soit fluctuante n'empêche nullement qu'il y a des animaux plus vrais que les autres. Il y a aussi une limite supérieure, que le présent travail s'efforce de mettre en évidence. Il montre, dans une première partie, que les linguistes ont beaucoup recours au cheval dans leurs exemples, en raison de notre proximité avec cet être, proximité qui le fait échapper à sa condition animale et va jusqu'à lui prêter la potentialité du langage. Une deuxième partie enchaîne en montrant que les linguistes, quand on leur demande une liste d'animaux, ont tendance à ne pas y mettre le cheval, pour la même raison de proximité avec nous. Cela révèle que le cheval est à la limite supérieure de l'animal vrai. Les hellénistes, imprégnés qu'ils sont de la nature du centaure dans leur connaissance de la mythologie et de la culture grecques, renchérissent dans ce classement du cheval avec l'homme plutôt qu'avec les animaux.
Mots-clés :
Bestiaire,linguistes, centaurisation, interdissection, cheval, langage, relation homme-animal, sémiologie, anthropozoologie.
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