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Des animaux sous une chape de plomb

Danielle ELISSEEFF

fr Anthropozoologica 18 - Pages 17-28

Publié le 01 mai 1994

Textes littéraires et historiques de la tradition chinoise n'attribuent aux animaux réels qu'un rôle secondaire. Les créatures symboliques en revanche, animaux réels chargés de vertus supposées, ou animaux imaginaires comme le dragon dont les antécédents archéologiques sont ici brièvement répertoriés, y occupent, à l'inverse, une place de tout premier plan. Une observation dénuée d'à priori fait pourtant apparaître, en Chine comme ailleurs, et à l'encontre des idées reçues, une utilisation intense et durable de l'animal, suivant des processus variables selon les lieux et les époques. Il n'est donc plus possible de considérer la société chinoise comme un « non-système domesticatoire ». Les récentes données archéologiques contredisent en effet largement, sur le temps long, à la fois le silence relatif des historiens chinois et les remarques ponctuelles de certains voyageurs occidentaux, au XXe siècle. C'est la nécessité et l'urgence d'une recherche sérieuse sur le système domesticatoire chinois qui sont soulignées ici. Le travail à entreprendre est énorme. Mais les chercheurs disposent de deux points de départ stables : les vestiges archéologiques chinois nouvellement mis au jour ; et les méthodes d'investigation expérimentées par les « zoohistoriens » occidentaux (et, nommément, français). L'application de certaines de ces méthodes, simplement esquissée ici afin de mieux définir la place du chien, suggère combien ce mariage entre faits chinois et méthodes occidentales peut se révéler fructueux.
Mots-clés :
Archéologie, Chien, Chine, Dragon, Système domesticatoire.
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